Mon point de vue sur le transport, mon parcours professionnel.

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J'ai passé mon permis à l'armée en 1980. A l'époque, c'était le moyen le plus répandu pour acceder au métier. Les temps on changé, aujourd'hui il faut un dipôme CFP... Cela a permis de limiter l'accés à une profession, de permetttre une revalorisation de ce métier mais des gens comme moi qui sont venus par passion on du mal à trouver une porte d'entrée. Doit-on le regretter? Il est vrai que le métier n'est plus accessible à n'importe quel abruti possédant son permis. Rien n'est simple.

J'ai commencé la route comme convoyeur pour un concessionaire qui avait aussi un service pièces d'occasion. Ce travail m'a permis de conduire des vieux camions qui faisaient ainsi leur dernier voyage avec moi. Pour les connaisseurs j'ai ramené un MAN à museau (boite verticale) des Saviem 280TU (vitesses au volant) des Dodge ( boite Fuller à grille circulaire) et même un vieux Berlier GLK. pour un débutant c'est une chance même si ces camions étaient proches du délabrement.

1982 ma première place en inter. Je faisais du Brescia en porte-voiture et je me prenais pour un grand routier. Je méprisais carrément les gars de la zone courte. Au Mont Blanc, on côtoyait les chauffeurs du moyen orient. Je me suis aperçu que je n'étais pas si grand que ça. Etais-je seulement routier?

En 1990, j'ai effectué mon premier voyage sur l'Est, à Pardubice, une centaine de kilomètres après Pragues. Nous étions peu nombreux à aller dans ces pays qui venaient de quitter le comunisme. En 15 ans les choses ont beaucoup évolué, nous nous sommes retrouvés de plus en plus sur ces itinéraires, C'était les grandes heures du parking de l'Atol près de Pragues, lieu de tout les trafics et des filles (gentilles mais payantes). J'ai refait un voyage en mars 05, plus de douane, plus de queues interminable mais plus de camions occidentaux non plus. En trois jours je n'en ai pas vu un seul, nous ne pouvons plus nous aligner sur les tarifs. Il n'en reste pas moins qu'en 15 ans le changement a été immense et les différences disparaissent très vite. On ne voit plus les Kamaz et autres Tatra mais des des véhicules plus puissants que ceux des français qui décidément restent toujours à la traine.

Je ne remercierai jamais assez l'inventeur du pigeonnier et les transporteurs qui se sont jetés sur ces vehicules à bas prix, qui permettaient de transporter plus pour moins cher. Ces véhicules sans confort car on utilisait le bas de gamme (il fallait gagner sur le poids aussi). Chez BM il n'y avait même pas de rideaux (trop cher), ne parlons pas de la suspension inexistante, il est vrai que dans cette boite le confort du chauffeur à toujours été accessoire. Aujourd'hui, nous sommes beaucoup à nous plaindre du dos. On se demande pourquoi! La loi a interdit ces véhicules (Du moins en semi) mais on en voit toujours en porteur, souvent utilisés par les spécialistes du chaffeur slave sous payé d'ailleurs.

Je suis arrivé dans cette grande société aux camions rouges par hasard. En fait il était urgent que je change de boulot (ma boite était au bord du gouffre et les salaires étaient aléatoires)? L'activité chimique commençait à prendre son essor et les vrais pros étaient considérés à leur juste valeur. Au fil des années la considération a disparu et nous sommes devenus de simples subalternes justes bons à executer. Lassé de ce peu de considération, je me suis fait muter en pulvé. J'ai découvert un travail très technique et une ambiance de "merde". Un jour, lassé des insultes permanentes et des coups bas j'ai pété les plombs. Il faut dire qu'on venait de me traiter de "connard qui me gonfle les couilles" (excusez moi je cite). J'ai dit le reste : 4 jours de mise à pied. C'est malheureusement la mentalité des grosses boutiques à l'heure actuelle. Je suis parti la rage au coeur. Il n'en reste pas moins que ceux qui on construit cette société vont être jetés pour être remplacés par un sous prolétariat de l'est. C'est à hurler.